Histoires de lait, Inde

Je suis en Inde depuis presque quinze jours pour la troisième partie de mon travail photographique sur la diversité des laits du monde pour le CNIEL. J’ai demandé à Beena Paradin, avec qui j’ai collaboré pour le livre Inde, intime et gourmande (Editions Minerva, 2009) de m’accompagner à l’élaboration de ce voyage à travers différents états. Tout d’abord, nous avons choisi Bangalore en Inde du Sud pour ses marchés, pour ses collectes de lait innovantes, pour ses vaches sacrées et pour son unité industrielle.

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Nous avons volé jusqu’à Dwarka en Inde du Nord-Ouest pour son lait de buffle et son lait sacré. J’ai particulièrement apprécié les quatre jours dans cette ville pour sa douceur et sa richesse humaine. Dès six heures du matin, nous étions dans les rues immergées dans une lumière orangée fabuleuse. Six heures, c’est l’heure du lait. Toute la ville s’organise au rythme de ce breuvage blanc de buffle.

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A huit heures, les commerçants de fruits et légumes prennent leurs places et la vie continue. J’y ai dégusté les meilleurs thés chai de ma vie et le premier lait de buffle tout frais, tout chaud. Certains temples sont au bord de l’eau, d’autres sont en plein centre mais tous sont dédiés à Krishna.

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Delhi, en Inde du Nord, est notre dernier choix pour sa diversité de produits laitiers et les pâtisseries. Evidemment, je goute sans cesse les spécialités dans chaque quartier et je suis tombée sur le meilleur lassi. Il avait une densité particulière, un arôme à l’eau de rose, un goût inoubliable. Il me reste deux jours à Delhi ce qui m’amène à y retourner encore chaque matin ! Je reviens de ces différents périples lavée de tout cet hiver trop long en France et remplie « d’ailleurs ».

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Je remercie tout particulièrement Beena (voir son post en dialogue) pour son amitié et sa proposition très professionnelle, Christophe Spotti du CNIEL qui m’a permis de découvrir d’exceptionnelles beautés dans le monde du lait, la famille de Karan de Dwarka et Bangalore Dairy.

L’exposition photographique aura lieu dans Paris à partir du 11 mai.

© Isabelle Rozenbaum, 2010

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Histoires de lait, Tunisie

Mon travail photographique se poursuit en Tunisie sur le sujet du Lait pour le CNIEL (voir le billet précédent sur le Sénégal). Je viens de passer sept jours de travail intense dans la région de Tunis, de Testour et de Béja (100 kms de Tunis). Un contact tunisien, Hella, m’a secondé pendant ces sept jours. Cela a été un réel voyage au-delà du confort et des lieux communs. Dès le premier jour, je me suis fait voler mon portable dans les souks de Tunis. J’ai donc voyagé sans communication avec la France (à part quelques connections sur le net). Rien de tel pour se plonger dans le rythme tunisien sans parler de la pluie, de l’humidité, du froid. Je n’étais pas préparée. J’avais  juste une valise légère avec quelque tee-shirts ! J’ai dû abandonner l’idée de la chaleur agréable du soleil. Hella m’avait proposé différentes options pour aborder le lait en Tunisie. Nous avons choisi de partir dans le Nord-Est, dans le berceau du fromage et de l’élevage, après deux jours de marchés à Tunis.

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J’ai rencontré des personnes merveilleuses tout le long de mon périple. Les heures des traites des vaches et des brebis, la fabrication de fromages artisanale ou industrielle ont planifié notre emploi du temps pendant trois jours. Mon regard s’est fixé, surtout à Béja, sur la relation intime de l’homme et l’animal, sur les gestes précis de la traite et sur la valeur du lait. Il existe de réels contrastes entre les éleveurs traditionnels avec 200 brebis à 800 m d’altitude au milieu de paysages sublimes, les fabricants de fromages dans un espace de quinze mètres carrés et les industries laitières.

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La Tunisie embrasse une grande diversité de modèles économiques et culturels. D’un côté, elle se révèle avec un visage très personnel de l’activité à travers les étables, les odeurs, le goût du lait. De l’autre, elle se révèle par l’anonymat des grandes cuves de 280 litres de lait, des écrans contrôlant la production et du parfum de chewing-gum qui sert à aromatiser le lait. Malgré mes craintes de me retrouver dans des lieux où les femmes sont totalement absentes, j’ai pu photographier les uses et coutumes des habitants dans les cafés…

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Mes remerciements vont à Laurence Touitou, à Hella Annabi, à Cheldi Kayouli, à Claire, à Zied et Noureddine Ben Youssef et aux responsables de l’Usine Laino.

Prochain épisode : Histoires de lait, Inde

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