A propos de…
L’aventure de mon premier studio-photo a commencé en 1983 après avoir été assistante de Jean-Louis Bloch-Lainé. Je me suis alors dirigée dans le monde de la gastronomie avec ses grands chefs étoilés. Après la fondation en 1994 et le développement de la photothèque d’illustrations PhotoAlto avec Frédéric Cirou, j’ai cherché à découvrir – ici et ailleurs – des personnes passionnées par la gastronomie afin de témoigner de leur savoir-faire. À partir de 1995, je me suis lancée dans l’édition culinaire en publiant mon premier ouvrage avec Guy Martin, du restaurant Le Grand Véfour et, par la suite, avec d’autres auteurs. Depuis 2007, j’anime des ateliers photographiques culinaires dans différents lieux. A Paris, j’interviens au « Kitchen Studio » (Boulogne-Billancourt) et au « Cookcooning » (9e). J’interviens également à Bordeaux au « Cuis’in les ateliers ». En 2008, j’ai amorcé une nouvelle approche de l’univers culinaire à travers la vidéo. J’ai ainsi pu réaliser des reportages dans les vignobles français, notamment pour les critiques Michel Bettane et Thierry Desseauve, auteurs du Guide des grands vins de France (La Martinière). Aujourd’hui, je poursuis cette recherche artistique dans le monde culinaire mais également dans les milieux de la littérature et de l’art contemporain où je réalise des portraits filmés d’artistes et d’écrivains pour la plateforme éditoriale en ligne D-Fiction. Mon travail, récompensé par le Prix Polaroïd International en 2004, a donné lieu à des expositions à Paris, à Londres, au Brésil, en Suisse et à New York. Mes ouvrages, au nombre de vingt-huit, ont été publiés par La Martinière, Agnès Viénot, Le Chêne, Marabout ou encore par les Editions Sud Ouest.
Ouvert au moindre indice lié à la trace, on a souvent pu qualifier mon travail de photographe d’« ethno-culinaire ». En effet, mes reportages témoignent d’histoires de famille, de transmissions séculaires et traditionnelles. Les cuisines, comme pièces à vivre, m’ont toujours paru des lieux magiques qui parviennent à réunir l’intime et le désir et dans lesquels, souvent, la parole se délie pour plus d’authenticité. De même, à l’extérieur, la cuisine de rue dessine une carte d’identité d’une ville ou d’un pays où les consommations nomades, l’implication des corps dans l’espace et la liberté d’expression des traditions sont un révélateur d’une société et de son époque. La photographie culinaire a ceci de passionnant qu’elle dévoile les transformations, la sensualité, les rituels et un certain inconnu culturel qui éveille les sens et la compréhension de l’autre. Les mains, par exemple, sont fascinantes : elles pétrissent la matière sans retenue et révèlent des gestes ancestraux d’une grande beauté.


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