Elaboration et montage de l’exposition « Rêves de lait », photographies et vidéos

Tout au long de la préparation de l’exposition « Rêves de lait » pour la Milk Factory hors les murs, j’ai fait des photos d’étapes différentes, de la réflexion, à l’élaboration jusqu’au montage de l’exposition. De ces voyages (Tunisie, Sénégal et Inde avec Beena Paradin), j’ai dû faire une sélection drastique de mes photographies et vidéos.  Faire le tri est une étape cruciale ! J’ai imprimé en format timbre-poste toutes celles qui me paraissaient très importantes et fait un story-board afin d’imaginer quatre projections et les tirages installés dans le lieu.

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J’ai eu l’envie de proposer un voyage rêvé, réel ou irréel… Des responsables techniques m’ont aidé pour régler les projections, penser la scénographie et la lumière. Juan Clemente est intervenu pour l’illustration sonore afin de colorer mes sons d’origines tout comme Caroline Hoctan sur le texte. Les photos ci-joint illustrent la progression de ces moments.

Story-board, Rêves de lait

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Je vous invite donc à découvrir « Rêves de lait » à la galerie Déborah Zafman, Milk Factory hors les murs, 3/5 passage des Gravilliers, Paris 3e (accès 10, rue Chapon).

Exposition du 12 mai au 28 juillet 2010, du mardi au samedi, de 13h à 19h.

© isabelle Rozenbaum, 2010

Histoires de lait (4), photographies et vidéos

Je suis partie en février et mars 2010 au Sénégal, en Tunisie et en Inde pour travailler sur les cultures du lait pour la Milk Factory en vue du colloque de l’OCHA et d’une exposition. Cette dernière se concrétise maintenant puisqu’elle ouvrira ses portes lors du vernissage, le 11 mai à partir de 18h. Cinq cents photos ainsi qu’une vidéo seront projetées sur quatre écrans pour cette exposition. Une sélection pointue des images présentera ainsi la traite de brebis, de bufflonnes, de vaches et de chèvres dans ces trois pays pour faire ressentir la sensation pure du lait à travers rêve et réalité qui se confrontent…

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Extrait de mon entretien avec C. Diop publié dans le Milk Factory, n° 2 :

Vos photos célèbrent souvent la gestuelle des mains. Ce ballet omniscient des mains autour du lait a dû certainement vous combler d’un point de vue artistique ? Véhicule-t-il une symbolique universelle ?
La main me fascine car elle demeure encore un signe d’humanité. Sa gestuelle, sa précision et sa sensualité m’envoûtent. Je pourrais regarder des heures le langage rituel des mains, l’alchimie des matières qu’elle malaxe et transforme devant moi. Le close-up permet, dans une grande simplicité, de mettre en valeur la puissance de son énergie et de ses élans. En effet, la main est un vrai lieu d’échanges et de communication qui réceptionne nos affects et exprime nos désirs intimes. Concernant mon travail sur le lait, la main intervient principalement à la traite du bétail à la distribution du lait et à la conception des gâteaux. D’ailleurs, j’ai vécu un moment délicieux à Dwarka en Inde, dans une famille d’éleveurs de buffles. Ils m’avaient invité à boire le chai. La grand-mère s’est installée sur le sol avec une dizaine de récipients. Certains étaient vides, certains étaient pleins. J’ai essayé de suivre sa logique d’organisation. Apparemment, elle préparait la vente de lait à des particuliers. Elle diluait certains contenants puis reversait le lait plusieurs fois, rediluait et recommençait. C’était une danse gestuelle très structurée mais incompréhensible pour moi, occidentale. J’ai assisté à la traite à quatre mains d’une vache : un homme et une femme se partageaient en cadence ses mamelles généreuses très charnelles ! Le lait qui coulait dans le seau, les éclaboussures sur les mains me poussaient à me rapprocher, à prendre des gros plans des mains d’une grâce infinie.

Exposition du 11 mai au 28 juillet 2010.

Milk Factory hors les murs, Galerie Déborah Zafman, 3/5 passage des Gravilliers, Paris 3e (accès 10, rue Chapon)

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Texte de Caroline HOCTAN // Illustration sonore de Juan CLEMENTE

© Isabelle Rozenbaum, 2010

Histoires de lait, Tunisie

Mon travail photographique se poursuit en Tunisie sur le sujet du Lait pour le CNIEL (voir le billet précédent sur le Sénégal). Je viens de passer sept jours de travail intense dans la région de Tunis, de Testour et de Béja (100 kms de Tunis). Un contact tunisien, Hella, m’a secondé pendant ces sept jours. Cela a été un réel voyage au-delà du confort et des lieux communs. Dès le premier jour, je me suis fait voler mon portable dans les souks de Tunis. J’ai donc voyagé sans communication avec la France (à part quelques connections sur le net). Rien de tel pour se plonger dans le rythme tunisien sans parler de la pluie, de l’humidité, du froid. Je n’étais pas préparée. J’avais  juste une valise légère avec quelque tee-shirts ! J’ai dû abandonner l’idée de la chaleur agréable du soleil. Hella m’avait proposé différentes options pour aborder le lait en Tunisie. Nous avons choisi de partir dans le Nord-Est, dans le berceau du fromage et de l’élevage, après deux jours de marchés à Tunis.

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J’ai rencontré des personnes merveilleuses tout le long de mon périple. Les heures des traites des vaches et des brebis, la fabrication de fromages artisanale ou industrielle ont planifié notre emploi du temps pendant trois jours. Mon regard s’est fixé, surtout à Béja, sur la relation intime de l’homme et l’animal, sur les gestes précis de la traite et sur la valeur du lait. Il existe de réels contrastes entre les éleveurs traditionnels avec 200 brebis à 800 m d’altitude au milieu de paysages sublimes, les fabricants de fromages dans un espace de quinze mètres carrés et les industries laitières.

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La Tunisie embrasse une grande diversité de modèles économiques et culturels. D’un côté, elle se révèle avec un visage très personnel de l’activité à travers les étables, les odeurs, le goût du lait. De l’autre, elle se révèle par l’anonymat des grandes cuves de 280 litres de lait, des écrans contrôlant la production et du parfum de chewing-gum qui sert à aromatiser le lait. Malgré mes craintes de me retrouver dans des lieux où les femmes sont totalement absentes, j’ai pu photographier les uses et coutumes des habitants dans les cafés…

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Mes remerciements vont à Laurence Touitou, à Hella Annabi, à Cheldi Kayouli, à Claire, à Zied et Noureddine Ben Youssef et aux responsables de l’Usine Laino.

Prochain épisode : Histoires de lait, Inde